Une punition méritée
Un récit du Mystère de la Plume
Nue, à quatre pattes, la joue posée sur le sol froid de cette chambre d’hôtel, elle attend en silence.
Les ordres reçus quelques minutes auparavant étaient très explicites : “Attendre nue, en levrette, disponible pour celui qui entrera.
Elle contemple la tapisserie ponctuée de tulipes rouge sang. Ses tétons durs contre ses genoux continuent de gonfler au fur et à mesure que les minutes s’égrènent lentement, son excitation croît, faisant couler sa cyprine le long de ses lèvres intimes.
La voilà, prête à être offerte au premier venu si tel est le désir de son Maître. Elle commence à avoir de plus en plus chaud, sa chatte vibre d’impatience, impatience de le voir, le sentir, s’offrir à lui, à ses désirs et à ses propres plaisirs.
Elle attend.
Dans un courant d’air frais, elle sent qu’on entre.
Les battements de son cœur tressautent de peur et d’excitation à la fois.
Qui est derrière elle ?
Vulnérable, elle tend bien davantage sa croupe généreuse. Elle ne peut voir ni ses chaussures ni distinguer sa silhouette.
Il est debout, immobile, derrière elle, en train de la contempler.
Rouge de honte de se sentir ainsi, à ses pieds, totalement ouverte et soumise. Ses deux orifices ne demandent qu’à être emplis par un sexe. Honte de son corps disgracieux, aux formes rebondies.
Son Maître l’intimide toujours, mais il sait exactement ce qu’il doit faire pour qu’elle se laisse aller, qu’elle retrouve sa véritable nature. Lui seul sait de quoi elle est capable, lui seul sait comment la libérer, comment faire tomber le masque pour qu’elle, sa soumise, chienne et salope, se libère devant lui, sous ses doigts et sur ses ordres. Il est parvenu à ce qu’elle soit elle-même, enfin, épanouie au plus haut point. Cet homme sait la comprendre, elle lui fait confiance.
À la chaleur de sa main d’abord puis à sa voix grave reconnaissable, elle comprend que c’est lui et pas un autre. Elle sent son regard silencieux posé sur elle, son regard fixe, dominateur. Enfin !
Elle est soulagée d’être avec son Maître, moment si attendu, instant désiré et tant chéri. Sa mouille coule davantage entre ses cuisses sans qu’elle ne puisse la contenir. Elle coule pour lui, chienne au-delà du possible.
Son pouce, gras et puissant, pénètre son sexe, profondément, la fouille tandis que ses deux autres doigts pincent son clitoris. Prête à s’affaisser, elle maintient sa position sous les vagues de plaisir qu’orchestre sa pénétration.
– À qui appartient ce trou ?
– À vous, Maître.
– Très bien. Et celui-ci ?
Le pouce quitte la chaleur humide de son sexe pour appuyer sur son anus, prêt à s’y enfoncer.
– À vous aussi, Maître. Tout vous appartient. Je suis votre propriété.
– Te souviens-tu pourquoi tu es à quatre pattes, comme cela ?
– Oui, Maître. Je dois être punie. Je n’ai pas respecté scrupuleusement un de vos ordres. J’ai encore mal lu la consigne, je me suis emportée, je suis trop passionnée.
– En effet ! Et ce n’est pas la première fois, pourtant. Tu n’as pas retenu ta dernière correction ?
– Oui, Maître. Mais j’ai encore besoin de me canaliser et…
– Et ?
–- Vous savez bien ?
– Qu’est-ce que je dois savoir ?
– Vous savez…
– Non. Éclaire-moi. Dis-le-moi.
— C’est difficile.
— Rien n’est difficile. Je t’écoute. Et tu connais ma patience limitée.
— Oui. C’est vrai.
— Alors ?
— J’aime aussi quand vous me punissez. J’aime sentir votre domination dans tous ses aspects, aussi quand vous me disciplinez.
— Pourquoi ? Qui es-tu en dehors d’une grosse salope ?
– Une maso aussi, Maître.
— Très bien, je veux que tu assumes ce type de plaisir.
Elle le voit sortir quelque chose de son pantalon. Un lien de cuir, rouge, épais vient enserrer son cou. Il le ferme, juste assez pour sentir une contrainte sans l’empêcher véritablement de respirer. Ses chaussures de sport se posent contre sa joue et il lui fait lever la tête.
Un autre objet apparaît dans son champ de vision. Un bâillon gode émeraude. Bien souvent, elle l’a contemplé lors de ses différentes visites sur les sites commerciaux érotiques. Bien souvent, elle l’a mis dans son panier, sans oser le commander. Et pourtant, il est là, au creux de sa main, devant elle, prêt à être gobé. Pourquoi ? Parce que sucer une bite l’excite au plus haut point, sucer, pomper, lécher son Maître, lui donner du plaisir, recevoir sa semence au plus profond d’elle, comme une marque indélébile de sa possession. Mais ne pas en avoir le choix, sa bouche possédée pendant qu’il la fesse, l’encule ou tout simplement la caresse… Un fantasme.
Elle ouvre largement la bouche et il glisse, entre ses lèvres charnues, ce gode en silicone, épais et long, bien au fond, touchant presque sa gorge.
Ses mains ferment le cran du bâillon sur ses cheveux courts. Sa bouche, possédée et emplie, elle vibre de plaisir. Son épiderme devient encore plus sensible et chaque déplacement d’air se répercute sur sa peau.
Pendant quelques secondes, plus rien ne se passe. Elle attend. Sa salive coule désormais le long de sa bouche, sur son menton et tombe, goutte à goutte sur le sol. Honteuse, elle baisse la tête et contemple la légère flaque sous son sexe et, désormais, sous sa tête. Elle ne peut que pomper le gode, en creusant les joues, en faisant tourner sa langue à son extrémité, pompant à nouveau pour aspirer, en vain, sa salive qui s’échappe.
Humiliée… Réduite à un objet qui subit ce que son Maître a prévu pour elle.
Bizarrement, cela l’excite, être exposée ainsi, à sa merci, fiévreuse de sentir sa main sur ses fesses la corriger, voulant être prise, possédée virilement, pénétrée, défoncée comme une chienne en chaleur, sentir son vit, qu’il use et abuse d’elle, qu’il jouisse dans son corps, entendre ses râles d’éjaculation, sentir sa semence chaude et visqueuse en elle.
Un bruit assourdissant résonne dans son dos. D’emblée, elle reconnaît le son extraordinaire d’un vibromasseur. Mon Maître le glisse sur sa chatte assoiffée de jouissance.
– Tu vas tenir ce vibro sur ton clitoris pendant que je te punis. Tu peux jouer avec les vitesses, mais il est interdit de l’enlever de ta chatte et bien évidemment de jouir. Est-ce bien clair ?
Elle hoche la tête, bien consciente qu’elle ne peut plus formuler aucune parole.
Docile, elle place le vibro sur son bouton érectile gluant. Une décharge puissante traverse ses reins et monte jusqu’à sa poitrine. Prête à s’écrouler sous un orgasme qui point, elle descend l’intensité des vibrations et le replace délicatement. Le plaisir monte, monte, monte, toujours plus haut, rendant sa chatte presque brûlante et glacée à la fois.
Un premier coup de fouet lui arrache un cri de surprise.
Sa fesse gauche chauffe douloureusement et l’intensité diminue instantanément. Un nouveau coup, plus fort, frappe celle de droite.
Elle gémit de douleur. Les sollicitations du vibro s’ajoutent à cette torture.
Un autre coup de fouet fait rougir ses fesses. Puis un autre, un autre, un nouveau. Les coups pleuvent, à un rythme variable, jamais au même endroit, de manière aléatoire. Les premiers coups sont incisifs, sa peau sensible peine à s’habituer à la douleur et elle serait à deux doigts de craquer, à prononcer son safeword, sans la magie du vibro. Mais elle veut aussi repousser ses limites. Elle veut le rendre fier d’elle. Résister, tenir encore, jusqu’au moment où la douleur se transforme en un plaisir intense, plus profond, plus tranché, sans concession.
Ses fesses chauffent, sa chatte vibre, en feu. Elle n’est plus que sensations, réceptacle de plaisir et d’émotions. Aucune larme ne s’échappera. Jamais elle ne pleurera. Ce serait pour elle une défaite alors qu’il la rend forte à chacune de leurs rencontres. Les quinze coups de fouet sont passés comme un éclair.
La paume de sa main vient apaiser la brûlure à son cul.
– Passons à la cravache, désormais. Juste pour quelques coups. Je terminerai avec la main. Je sais, ô combien, tu aimes ma main. N’est-ce pas ?
À quoi bien répondre à cette affirmation ?
– Il va être midi. Douze coups de cravache, sur le rythme de l’horloge. Tu l’entends, au loin ? Je veux aussi t’entendre compter.
Le premier coup part instantanément. Le cuir souple se pose avec souplesse en haut de la raie des fesses, là où elle aime particulièrement.
Le second de même. Les sonneries du bourdon de l’église donnent la cadence.
Le troisième coup, plus fort, lui coupe le souffle. De nouvelles sensations, plus extrêmes, se répandent dans tout son bassin.
Pour compenser la douleur diffuse, elle intensifie les vibrations. Un sifflement de plaisir accompagne le nouvel impact. Tous ses orifices adorent : excitation au sexe, torture à l’anus et plaisir à la bouche. Le cuir parle de plus en plus fort, déchargeant des tonnerres d’adrénaline et d’endorphines, prêts à l’envoyer aux portes de l’orgasme.
– Douze !
Elle s’affaisse presque, épuisée. Elle ne s’était pas rendu qu’elle avait dressé, levé sa croupe de plus en plus haut pour rejoindre les coups.
Son Maître lui caresse les fesses, doucement, tendrement, amoureusement.
– Tu es bien rouge. J’aime voir cela. Continue à te masturber. Je vais désormais t’enculer comme la chienne que tu es. Tu l’as bien mérité.
Sa chatte vibre non seulement grâce au vibro, mais sous ces mots.
Sa main libère sa bouche et sort le gode ruisselant de bave qu’il fourre dans son sexe. Le vibro se repositionne sur l’embout de silicone qui dépasse. Devant elle, il se déshabille. Elle le contemple, grand, fort, protecteur, sécurisant, aux cheveux très courts, à la légère barbe, aux yeux curieux. Son Maître, à qui elle a tout donné, le seul pour qui elle se met à nu.
Elle le sent s’accroupir derrière elle, poser ses larges mains de chaque côté de ses hanches. Son pouce vient recueillir sa mouille pour en enduire sa rondelle, tendue, palpitante. Il l’enfonce, l’ouvre, la prépare à le recevoir. Sa bouche, libérée, émet un puissant râle. Il sait qu’elle est au bord du précipice, prête à tomber dans un abîme de plaisir. Et il va l’y emmener, l’y entraîner, l’y perdre, et l’y abandonner… La rendre dépendante.
– Tu la veux ?
— Oui. S’il vous plaît, Maître. Mettez-la-moi au fond.
D’un seul mouvement d’un coup de rein puissant, il la pénètre. Elle éructe de plaisir. Tels des animaux, son Maître la prend, sur ce sol froid d’hôtel, lui offrant un plaisir brut, intense, bestial. Il prend son cul, s’enfonce, sort puis pousse fort en elle. Ses couilles frappent contre son clitoris douloureux, feu attisé par la tête du sextoy. Sans prévenir, il attrape le manche et appuie irrémédiablement.
– Tu es autorisée à jouir, ma soumise.
La chaleur de ses fesses, sa main sur sa hanche, sa queue qui la pilonne avec force, les vibrations sur son clito sensible… l’orgasme monte du plus loin de ses reins, grandit, l’embrase comme un incendie, la propulse dans les airs et elle explose en des milliers de soubresauts, son anus se serre, incapable de laisser s’échapper ce sexe qui le comble de plaisir.
Elle l’entend crier en jouissant à son tour. Son foutre épais remplit son cul jusqu’à ras bord. Statufiés tous deux, lui, en elle, ils savourent l’intensité de leurs orgasmes respectifs.
Doucement, avec lenteur, son sexe sort de son office, lui permettant de savourer encore pour quelques instants sa longueur et le relief de son gland massif. Il écarte largement ses deux lobes et contemple avec satisfaction son orifice ouvert d’où s’échappe le trop-plein de son sperme.
– Tu as été parfaite, ce soir, ma soumise. Rhabille-toi et sers-moi un café avec un sucre pendant que je prends ma douche. Tu ne te laves ni te rhabilles. Tu as seulement le droit d’enlever le gode du bâillon. Nous allons discuter de notre prochaine séance.