L'intraitable Wand de son Maître (1)
Un récit du Mystère de la Plume
L'intraitable Wand de son Maître | Un récit du Mystère de la Plume
La soirée est entamée. Élisa baille assise sur la banquette du Manoir pendant que ses meilleurs amis s’adonnent aux rythmes enfiévrés de la musique des années 80.
Jamais elle n’aurait dû les suivre ce soir. Elle le regrette désormais. Là, seule, délaissée, s’ennuyant. Pourtant, au départ, elle a refusé, mais son dominant lui a ordonné de s’y rendre, affirmant qu’il la rejoindra.
Les minutes se sont égrenées inlassablement et l’homme de ses plaisirs se fait toujours désirer.
Sa chatte est en feu devant cette attente interminable. Elle sait qu’il viendra la chercher ce soir, pour l’emmener dans son antre, et lui faire goûter une nouvelle fois, une fois encore exceptionnelle, les bienfaits de son abandon.
Fermement, elle a décliné toutes les avances des hommes alcoolisés ou danseurs invétérés. Elle n’aspire qu’à retrouver un autre cavalier avec qui elle communie depuis quelques mois, dans l’intimité d’une chambre ou d’une salle privée. Elle rêve de son Maître, le seul à savoir faire parler son corps et à le faire bouger sur une cadence qu’il lui insuffle.
Comme la chanson fait résonner ses dernières notes, du coin de l’œil, elle saisit une silhouette familière.
Son cœur manque un battement. Il est arrivé. Ici. Comme il a promis.
Ses pieds se mettent à marcher sans même qu’elle en ait conscience et la portent au milieu de la piste, à sa rencontre. Les yeux de l’homme la jaugent en silence, de bas en haut. Ils s’attardent sur le creux de ses seins et acquiescent devant l’absence de lingerie.
Ses doigts viennent délier le foulard roulé à son cou pour révéler le cuir noir de son collier et l’éclat de l’anneau doré. Il l’embrasse fermement en la rapprochant de lui.
Corps contre corps, langues entremêlées. Un baiser étourdissant à perdre le souffle. Le baiser unique de son dominant. Il se poste devant elle et lui tend la main.
Pensant partager une danse avec lui, Élisa hésite. Soucieuse de ne pas le rendre ridicule avec ses pas hésitants, elle ne la saisit pas. Il se penche lentement à son niveau et lui murmure à l’oreille :
– Dois-je recourir à une punition pour te voir obéir à l’un de mes ordres, ma Belle Soumise ? Partons d’ici immédiatement.
D’un mouvement de tête, elle proteste. Elle se lève et sans un regard pour ses amis, elle le suit.
Elle se laisse guider par le phare de sa vie, celui à qui elle appartient définitivement.
Main dans la main, ils fendent les danseurs. Sur le parking, avant de déverrouiller sa voiture, d’une poigne ferme, il descend le bustier jusqu’à sa taille, exposant ses seins blancs et épanouis à la lumière des éclairages et au froid vif de cette nuit.
Ils se regardent longuement. Elisa passe sa langue sur ses lèvres toujours maquillées comme pour appeler un baiser ou peut-être déguster avec gourmandise sa bite ?
Il esquisse un sourire espiègle, comprenant cette invitation. Va-t-il satisfaire sa Soumise ou la laisser languir plus longtemps ? Elle a mérité cette attention, juste un baiser pour commencer. Il pose tendrement sa bouche sur la sienne et lui offre ce baiser léger et langoureux
La jeune femme gémit de bonheur devant cette douceur surprenante. Ses mains viennent caresser délicatement ses seins, les empaument et les frôlent. Elle gémit dans sa bouche, surprise par le comportement de son Maître.
Elle découvre ici une nouvelle facette qui la séduit tout autant que celle du Dominant intense et impérieux. Il pose son front sur le sien, yeux fermés, et se contente de caresser avec une lenteur étudiée son épiderme.
Sa chatte, baveuse, se contracte sous ces sensations inédites et s’impatiente déjà. Elle brûle de se sentir femme, soumise, salope, possédée, désirée, fessée, prise, emplie, à sa juste place, celle qui lui offre et lui accorde.
– Je t’emmène à la maison pour le weekend. J’ai fait venir un petit achat pour toi.
Elle sent toute l’impatience dans sa voix. Son cœur s’épanouit devant cette initiative. La voiture attaque la longue route qui les attend. Comme d’habitude, le silence s’installe entre eux. Les mots sont d’ailleurs souvent inutiles dans leurs interactions. Leur regard, leurs gestes, leur souffle parlent pour eux.
Au bout d’une vingtaine de kilomètres, la berline se gare quelques instants devant l’entrée d’un chemin. Il allume son téléphone et le fixe au tableau de bord. La jeune femme comprend immédiatement que son Maître s’engage à lui donner un nouvel ordre. Son corps réagit instantanément par ses tétons dressés.
– Tu vas te contenter de regarder cette vidéo et de te fixer sur tes sensations. De ce côté-là, je te fais confiance. Aucun geste sur ton corps. Contente-toi de regarder et d’écouter, cuisses écartées.
Elisa lui obéit en fixant l’écran. Que souhaite-t-il lui montrer ? Un film pornographique ? La vidéo se lance et son regard découvre le dos d’une femme bien trop familière.
D’emblée, elle reconnaît ses propres fesses ouvertes, son dos cambré dans l’atmosphère de la salle éblouissante de leur dernière séance et les marques rouges qui s’intensifient sous les coups de fessée. Sur son siège, elle en ressent de nouveau la chaleur piquante à chacun des impacts, une chaleur sourde, nichée au creux de son ventre, palpitante.
L’excitation monte d’un cran et son clitoris se gonfle au fur et à mesure du décompte des coups qui résonne dans la pièce et dans l’habitacle. Son souffle s’accélère malgré elle devant ce spectacle. Son plug vibre à l’intérieur de son cul comme sous les vibrations du sextoy qu’elle voit apparaître à l’écran.
Elle se souvient qu’elle a tant aimé se faire torturer à la fois par la brûlure cuisante et l’excitation folle, les deux impossibles à maîtriser ni repousser.
Elle contemple cette soumise aux yeux écarquillés et brillants sous la puissance de l’orgasme qui fait bondir son corps attaché. Fascinée par son abandon total et la connexion à cet homme, elle l’admire.
Sa mouille s’échappe de son vagin lubrifié et coule irrémédiablement. Gênée, elle aimerait pouvoir l’essuyer, car sa lubrification tache le cuir de l’assise, témoin des réactions incontrôlées de son sexe.
La vidéo s’achève et il la relance autant de fois que nécessaire jusqu’à leur arrivée devant sa maison. Élisa n’est qu’excitation. Là, dans sa ruelle, il ouvre la portière et se contente de lui faire signe de le suivre.
Étrangement, ce soir, il ne la dirige pas par sa laisse, comme la chienne qu’elle est. Mais il l’invite simplement pour mesurer son abandon. Obéissante et docile, en pleine confiance, heureuse d’être à la place qui est devenue la sienne, elle se met dans ses pas.
Familier du lieu, il avance, assuré, sans allumer ni l’entrée ni les autres pièces. Elle s’attend à ce qu’il lui offre un verre. Il n’en est rien.
À la porte de sa chambre, il la fait entrer et verrouille derrière elle. La lumière pleut de toute part. Un instant aveuglé, Élisa plisse des yeux et tourne sur elle-même pour découvrir la surprise promise. Il ne lui faut qu’une fraction de seconde pour se poser devant un banc à fessée, en cuir rouge sang. Le nouvel achat qui lui est destiné.
Elle s’immobilise en position d’attente, dos droit, mains dans le dos, cuisses largement écartées. Son Maître saisit le haut de sa robe et la fait descendre brusquement jusqu’à terre. Nue, elle se laisse guider par le phare de sa vie, celui à qui elle appartient définitivement.
Elle ancre son regard dans ses yeux et attend. Ils s’observent et il sait que, durant ces échanges, l’excitation de sa soumise croit encore. Bête traquée, elle attend que son prédateur dispose entièrement d’elle.
Il tourne autour d’elle, saisit fermement le morceau de cuir et l’incite à s’allonger sur son nouveau cadeau, cul relevé, pour l’attacher. Là, le joyau du plug étincelle. Il tisse autour de ses poignets et chevilles des liens fermes, précis. Chaque attache resserre son univers autour d’elle jusqu’à ce qu’il ne reste plus que lui, son dominant, à qui elle appartient. Incapable de bouger, à sa merci, elle adore !
Derrière elle, la jeune femme sent sa présence. Stable, imposante, irradiante, contenue, sauvage et enivrante.
Un claquement léger résonne dans le silence. Puis un premier contact. Pas un coup. Pas encore. Juste un effleurement d’un objet froid et large qu’elle peine à identifier.
Très lentement, il glisse le long de ses jambes, remonte, serpente sur ses fesses, frôle son orifice, comme un avertissement, une promesse du plaisir qui l’attend.
Puis, sans prévenir, il s’abat dans un geste net et précis. L’impact, pourtant bref, brûle puis s’évapore instantanément.
Il ne parle pas. Ces gestes parlent pour lui.
Il l’éduque par le feu de cette tapette en cuir brun, souple et large.
À chaque nouvelle frappe, son esprit se vide et elle se contente de ressentir, en pleine présence, connectée à lui. Le monde qui l’entoure n’existe plus, le temps n’a plus cours. Il ne reste que lui et son rythme : cuir, peau, chaleur. Chaque impact vient raviver le précédent et la douceur de sa main lui caressant la peau la berce d’extase.
Son corps en feu, le sexe en fusion et les tétons gonflés d’excitation contre le cuir froid, elle s’abandonne totalement, se soumet à celui qui la façonne, la sculpte, l’élève, l’épanouit, à son gré.
Le paddle reste silencieux définitivement tandis qu’un bourdonnement dans son dos, caractéristique d’un jouet qu’elle a déjà goûté, résonne. Profond, grave, vibrant.
Le Wand ! Il est allé chercher le Wand !
Ce toy qui l’a rendu complètement folle la fois précédente. Il le sait. Il l’a vu dans leur salle de jeu.
Elle l’imagine sourire dans son dos, de son sourire séducteur, carnassier et assuré.
Son corps lui échappe et elle sent que ses jambes s’ouvrent spontanément bien davantage, afin qu’il puisse le déposer sur sa fente enfiévrée, gourmande, addicte.
Dans un geste ferme, il ôte simultanément le plug de son orifice et place la tête massive du sextoy sur son clitoris ruisselant.
La première décharge lui coupe le souffle. Un choc, une incursion brutale sur et dans son sexe. Il ne se contente pas de le frôler, il la pénètre aussi.
À l’intérieur, dessus, à l’intérieur, dessus. Elle voudrait fuir, le supplier de continuer, et de jouir. Elle perd pied dans la réalité et n’est plus que sensations. Fortes, exacerbées, intenses, aliénantes.
Ses gémissements se métamorphosent en cris de plaisir.
– Regarde moi, ma Belle Soumise.
Subjuguée par son nouveau cadeau à son arrivée, elle n’a pas aperçu le miroir fixé juste en face du banc.
Tirant sur les liens et au prix d’efforts surhumains, elle se redresse légèrement et lève la tête. Son dominant, nu, dans son dos, la fixe, immobile. Même si elle ne peut entrapercevoir son érection, elle l’imagine, elle la devine, elle la désire. Sa peau contre la sienne, fusionnant ensemble, l’emplissant, la prenant totalement, la guérissant et la brisant à la fois. Sa chatte a tellement besoin de la sentir !
Puis, Elisa porte les yeux sur son reflet. Elle se voit, le regard fiévreux, la bave coulant presque au coin de ses lèvres d’avoir tellement gémi. Après ces secondes de répit, le Wand reprend sa place sur son sexe, trempé.
Elle halète sans honte. Son corps ne lui appartient plus, elle le sait bien. Soumise à lui, elle danse sur le rythme qu’il choisit pour elle. Il est bien son cavalier, celui de ses plaisirs, le seul cavalier à qui elle cède. Il appuie sur les boutons de l’engin et lui fait explorer tous les programmes d’intensité et de vibration puis choisit celui le plus intense, l’intensité idéale pour la projeter, la faire planer, la faire jouir dans un orgasme dévastateur.
Son clito n’est plus que brûlure à son tour, comme son cul. Chaque orifice vibre, chaque muscle se tend. Entre les bourdonnements, un cri résonne.
– Ai-je le droit de jouir ?
– Oui. Toutes les fois que tu désires.
Il la voit céder dans un ultime gémissement silencieux. Il est témoin de son envol, mais il ne souhaite pas qu’elle redescende. L’appareil reste en place, et vibre sans relâche, jusqu’à la lame de plaisir suivante. Encore et encore. Les orgasmes accordés se succèdent. Deux. Trois. Quatre. Élisa ne les compte plus. Son esprit, embrasé par ses sensations.
Le bruit s’éteint définitivement. Vidée, épuisée, comblée et heureuse dans l’abandon, Élisa savoure encore les dernières vagues. Les battements de son corps ne s’apaisent toujours pas. Il lui faut plusieurs longues minutes pour réintégrer son corps et revenir dans cette chambre. Elle se rend surtout compte qu’il n’a pas pris possession de ses fourreaux, de ses orifices.
– Ce n’est que la mise en bouche, ma Belle Soumise. Ce soir, je vais te baiser et t’enculer, comme tu le mérites…
(à suivre…)
Un récit du Mystère de la Plume